Dermatite atopique de l’enfant
Avril 2008

Dr Emmanuel MAHE
Dermatologue
Hôpital Ambroise Paré, Boulogne Billancourt
accueil/Dossiers documentaires

I) LA MALADIE

A) Physiopathologie [1,2,4,5]
Les facteurs incriminés dans la physiopathologie de la DA sont génétiques (composante dermatologique de l’atopie, qui comprend aussi l’asthme et la rhino-conjonctivite allergique), immunologiques et environnementaux (rôle du stress, des infections, du climat).
 
B) Épidémiologie [1,3-5]
La DA touche 10-20% des enfants et sa prévalence est en augmentation. La prévalence diminue progressivement avec l’âge.
Seuls 10-15% des enfants atteints auront encore des poussées à l’adolescence.
 
La DA peut aussi débuter à l’âge adulte mais elle succède le plus souvent à une forme de l’enfant.
En cas de début tardif, une biopsie cutanée est souvent utile pour éliminer d’autres dermatoses prurigineuses.
 
C) Diagnostic [1-5]
  1. Clinique
    Le diagnostic de DA est clinique (accord professionnel) : dermatose chronique et récurrente associant des lésions prurigineuses, érythémato-squameuses aux contours émiettés, à une sécheresse cutanée.
    1. Nourrisson : atteinte symétrique prédominante sur les convexités du visage et des membres
    2. Enfant après 2 ans : atteinte préférentielle des plis de flexion et des extrémités
    3. Adulte : mêmes localisations que l’enfant mais aspect plus volontiers lichénifié voire érythrodermique. Un aspect particulier à l’adulte est la localisation limitée à la tête et au cou.
  2. Examen complémentaire
    Aucun examen complémentaire n'est justifié à titre systématique (accord professionnel) pour poser le diagnostic [1].
    Des tests allergologiques peuvent être utiles (accord professionnel) en cas de :
    1. Echec du traitement bien conduit,
    2. Stagnation ou cassure de la courbe pondérale,
    3. Manifestations associées (troubles digestifs, respiratoires, ou eczéma de contact),
    4. Localisations prédominantes anormales évoquant une allergie de contact associée.

D) Complications possibles [1,4,5]
  1. Retentissement sur la qualité de vie du patient et de l'entourage,
  2. Surinfections : staphylocoque doré (impétiginisation des lésions), herpès (syndrome de Kaposi-Juliusberg),
  3. Lichénification,
  4. Sensibilisation de contact : l’application récurrente de produits topiques favorise l’apparition d’eczémas de contact.